Les réseaux sociaux, catalyseurs de liens

EDUCATION

 

 « L’idée des réseaux sociaux est venue très rapidement, se souvient Fabien Spillman, de la société de production Veilleur de nuit, en charge notamment de l’administration de la page D’un 11 septembre à l’autre. Les lycéens des trois établissements qui prenaient part au projet n’avaient pas de contact direct. Il fallait trouver un moyen pour fédérer le groupe. L’idée de créer un site [dédié] n’est venue que plus tard ». «  Il y avait des informations intéressantes, des publications qui parlent du sujet, sur des sites que je ne serais pas forcément allée chercher sur Internet par moi-même », témoigne Anne Sophie, en 1ère STG au Lycée Voilhaume d’Aulnay-sous-Bois.

 

 

 

 

La page dédiée au projet sur le réseau social mondial n°1 a d’abord fait office de blog classique, avec la mise en ligne d’informations sur le projet et sa thématique. L’utilisation interactive « web 2.0 » du réseau est venue dans un second temps : « Le vrai démarrage a eu lieu après le premier week-end de répétition. Il a fallu une rencontre physique pour que les élèves s’approprient la page», précise Fabien Spillmann.

 

« Un seul et même groupe »

« Ouii c’était super bien on a vraiment fait la rencontre des autres et maintenant il n’y a plus trois classes de trois lycées différents mais un seul et même groupe qui est formé !! » peut-on lire sur le « mur » de la page, peu après cette première répétition.

 

Anne-Sophie s’étonne elle-même d’être « restée en contact  avec une vingtaine de personnes des autres lycées ». Safa, sa camarade de classe fait, elle, partie des jeunes comédiens de la pièce : « Maintenant tout le monde a Facebook, ça permet de se retrouver, on devient amis en commentant les photos, comme celles prises pendant les répétitions par exemple.» Et plus que ça : l’outil a largement débordé l’utilisation prévue initialement, puisque les lycéens communiquaient entre eux, sans passer par les adultes, sur les informations pratiques liées au projet… Untel avait oublié l’heure de la répétition ? Il postait la question, et hop ! En un tournemain, trois autres lui répondaient… 

 

A tel point, qu’à leur propre initiative, dopés par leur expérience et par l’actualité, les comédiens en herbe se sont même lancés dans l’écriture d’une pièce, inspirée de la technique de « collage » de Michel Vinaver. Sujet : la révolution tunisienne, au moment même de ces événements qui ont tellement ému en Seine-Saint-Denis. Une pièce dont le bloggeur révolutionnaire, devenu un temps ministre, Slim Hamamou est le héros. Et bingo ! Par le miracle du réseau sur lequel la mini-pièce avait été mise en ligne, ce dernier est tombé sur leur travail ! Et a assuré, dans un « twit’ », avoir été agréablement surpris de la démarche… Succès garanti de ce côté-ci de la méditerranée ! « Ca m’a scotché que cette personne parle de nous et soit fière de ce qu’on a fait, explique Anne-Sophie, une des « écrivains » de la pièce en question, intitulée 14 janvier 2011. Ca nous a encouragé ; c’est une personne qu’on aurait pas connue dans la vraie vie ». 

 

Seul regret, pour Safa : « J’aurais aimé qu’un américain nous laisse un message pour la pièce sur le 11 septembre ». Après la représentation au Théâtre de la Ville, peut-être ?

 

Par Yannis Tsikalakis

 

© Photo Pierre Fabris 

 

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