Note d'intention

DOCUMENTAIRE

D’un côté, des lycéens, filles et garçons, qui vont pour la première fois de leur vie jouer dans une pièce de théâtre qui sera présentée au théâtre de la Ville à Paris. De l’autre côté, des fous de théâtre ou de danse qui suscitent cette aventure. Au milieu, un attentat terrible qui continue de nous hanter. C’est dans ce face à face que le film va se jouer. À cet endroit-là, entre politique et poétique.

La Seine-Saint-Denis est un département où, plus qu’ailleurs peut-être, les difficultés de notre société en crise apparaissent dans une lumière crue et abrupte. Loin de les mésestimer, ce film s’efforce de ne pas reproduire une image figée et sommaire de la banlieue. Il met en avant le dynamisme et la vitalité de sa jeunesse, avec ses inquiétudes, ses contradictions, ses fragilités et ses espoirs.

C’est ce que je souhaite filmer en profitant de la très grande confiance que le metteur en scène Arnaud Meunier et les équipes associées à ce projet m’accordent depuis le début. Toutes les portes des ateliers en lycée, des répétitions et des réunions préparatoires me sont largement ouvertes, ce qui me permet d’appréhender, selon mes désirs et mon instinct, les étapes de cette formidable aventure humaine.

Grâce à cette complicité et à cette intimité, ce film a sa propre autonomie, son propre rythme, sa propre sensibilité. C’est pour moi une chance unique de pouvoir suivre dans ces conditions la centaine d’élèves qui participent aux ateliers hebdomadaires. À l’arrivée, ils seront une cinquantaine à jouer la pièce. On verra ressortir les individualités, ceux qui portent en eux une grâce particulière. On verra comment se forge un groupe ; comment, à travers la discussion, est interrogée la réflexion de ces adolescents sur le 11 septembre 2001.

Les rôles ne sont pas choisis mais une large partie des lycéens joueront le choeur. Un choeur en mouvement. À mille lieux d’un choeur classique d’enfants. Je filmerai ces corps pris dans des moments de beauté. Je m’attarderai sur ceux qui foutent le frisson. Avec l’espoir qu’un miracle survienne. Ce qui m’attire, c’est qu’il ne s’agit pas d’une commémoration mais d’une projection vers l’avenir. Ce film va travailler la réflexion, la part critique et sensible.

Guy Girard, réalisateur

11 septembre 2001 (Vinaver - Meunier) : interview de Guy Girard

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