Documentaire

11 Septembre


Le film de Guy Girard a été diffusé sur France 2 le 15 janvier à 23h50 et la captation de la pièce le 21 janvier en troisième partie de soirée.


DOCUMENTAIRE

Guy Girard, réalisateur, la soixantaine, est né à Vitry-sur-Seine. Il n’avait jamais filmé la banlieue parisienne telle qu’elle existe depuis 30 ans. C’est par Jean-Marc Giri, producteur, directeur de la société de production Veilleur de nuit, que le projet lui est parvenu. A travers leur film, ils captent l’énergie de la jeunesse des quartiers.

 

 

11 SeptembreLe film de Guy Girard

Le film de Guy Girard a été diffusé sur France 2 le 15 janvier à 23h50 et la captation de la pièce le 21 janvier en troisième partie de soirée.

DOCUMENTAIRE

Guy Girard, réalisateur, la soixantaine, est né à Vitry-sur-Seine. Il n’avait jamais filmé la banlieue parisienne telle qu’elle existe depuis 30 ans. C’est par Jean-Marc Giri, producteur, directeur de la société de production Veilleur de nuit, que le projet lui est parvenu. A travers leur film, ils captent l’énergie de la jeunesse des quartiers.

 

 

Guy Girard n’est pas tombé de la dernière pluie. Des centaines de films vidéo ornent le bureau de montage, où il travaille avec sa femme, chez lui. Et, sans doute, des dizaines de milliers d’heures de film et de pellicule sont déjà passées devant ses yeux, qui restent encore largement capables d’émerveillement. Aussi, c’est un véritable cri du cœur que le sien, au mitan du film qu’il réalise sur le projet « D’un 11 septembre à l’autre ». Ou plutôt, sur les jeunes élèves qui en sont la chair, sur leur rapport au monde, aux adultes.

 

Filmer une métamorphose

« J’ai voulu filmer une métamorphose. Au début, quand j’entendais les élèves, je me disais : ce projet est infaisable ! Ils avaient du mal à lire, ils parlaient tellement bas qu’on ne les comprenait même pas… six mois après, ils jouent avec une vraie sensibilité ». Jean-Marc Giri, même s’il n’était pas « H24 » aux manettes, l’a aussi pressenti : « Ils sont ados, ils évoluent très vite, un projet comme ça les transforme. » Comment cette métamorphose a-t-elle pu être filmée ? Car à l’en croire, il n’y a jamais eu de tension, la caméra a été plutôt rapidement adoptée, même si certains jeunes élèves voulaient jouer face à elle, se mettre en scène – ce qui est pour le moins normal. « Pour y arriver, il faut juste attendre qu’un miracle se produise ! Un imprévu. Saisir quelque chose qui illumine tout d’un coup cette pièce. » Certes, « il faut du temps ». Les entretiens qui parsèment le film n’ont été réalisés qu’après six mois de tournage. Et après des mini-portraits individuels, face caméra. Certes, le teaser, réalisé dès la période de Noël, et qui leur a été montré, a aussi aidé. Mais il y a autre chose : « Il a juste fallu leur faire comprendre que c’était bien intentionné .» Et là, il y a rencontre avec la méthode de travail d’Arnaud Meunier, qui fonctionne à la bienveillance, cette bienveillance d’ailleurs qu’il demande à ses acteurs eux-mêmes.

 

Les clichés sur la banlieue

« Filmer le travail dans un théâtre pendant des heures, c’est claustrophobique ! Il fallait donc ouvrir sur le monde, ouvrir des transversales. Trouver des caractères pour s’identifier : l’essence de la pièce, c’est un groupe, pas quelques acteurs. Il fallait éviter de stariser. Alors je leur ai fait parler de la banlieue. De leur banlieue. Pas de celle de la télé. Même si la télé est un vrai personnage dont tout le monde parle. Ils n’ont pas une image angélique de la banlieue, mais tous disent : ce n’est pas comme à la télé. » 

Jean-Marc Giri, avec Veilleur de nuit, avait déjà filmé un projet comparable, sur le long terme, autour du rugby dans les quartiers. « On voulait avoir un clé d’accès à ce territoire, avec ses zones de fracture, et ce qu’on a découvert va à l’encontre des clichés : c’est qu’il y a de l’enthousiasme, pas de démission des services publics, de l’ambition et beaucoup d’énergie. Il faut se laisser charmer ! »  

Mais ce qui a aidé le réalisateur à percevoir ces réalités, c’est aussi et sans doute son origine : « J’y ai vécu, et les clichés sur la banlieue, dès les années cinquante, il y en avait déjà. Alors, pour ce documentaire, j’ai décidé de filmer beaucoup de rencontres dans des parcs. A la manière de Renoir, dans Partie de campagne. »

 

Pas de politique, juste du poétique

« Le travail nous a servi de fil conducteur, assure Jean-Marc Giri. Chemin faisant, on va découvrir l’environnement des élèves, leurs doutes, leurs aspirations. On va cheminer avec eux sur l’islam, le voile, le terrorisme, Ben Laden etc. Mais sans thèse, juste avec un regard frais. » Ce n’est pas le discours qui est recherché, seule « la vérité des situations ». 

Là encore, le film rejoindra finalement la pièce de Michel Vinaver, dans ses attendus : pas de politique, juste du poétique. « Mon but est de faire un film poétique, avec de l’émotion, de l’humour, et une qualité de parole qu’on voit rarement dans les films sur les quartiers. Parce qu’il n’y a pas de clichetons. Ils se lâchent quand ils parlent, et ça sonne. »

 

Le film, acheté par France télévisions (et qui sera diffusé par France 2), se terminera au lever de rideau du théâtre de la Ville le 11 septembre 2011. Un an après le début des répétitions. Il s’agira d’un long métrage documentaire. « Sur la même veine que Rêves dansants de Pina Bausch », propose Jean-Marc Giri. 

 

Par Erwan Ruty

Interview de Jean-Marc Giri, producteur exécutif du film

 

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